Recommandations en cas de fortes chaleurs

Publié le 01. juil, 2010 par La Rédaction dans la catégorie Santé

L’exposition d’une personne à une température extérieure élevée pendant une période prolongée, sans période de fraîcheur suffisante pour permettre à l’organisme de récupérer, est susceptible d’entraîner de graves complications par dépassement des capacités de régulation thermique du corps humain. Les périodes de fortes chaleurs sont alors propices aux pathologies liées à la chaleur, à l’aggravation de pathologies préexistantes ou à l’hyperthermie, surtout chez les personnes fragiles et les personnes particulièrement exposées à la chaleur.

La canicule exceptionnelle de l’été 2003 a entraîné une surmortalité estimée à près de 15 000 décès. La France n’avait jamais été confrontée à de telles conséquences sanitaires engendrées par une chaleur extrême. Ce phénomène a révélé la nécessité d’adapter le dispositif national de prévention et de soins. L’objectif du plan national canicule (PNC) est de définir les actions de court et de moyen termes dans les domaines de la prévention et de la gestion de crise afin de réduire les effets sanitaires d’une vague de chaleur.

En 2006, la France a connu une autre vague de chaleur importante. Une étude menée conjointement par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a permis de démontrer que l’excès de mortalité observé en juillet 2006 et lié à cette vague de chaleur a été trois fois moins important que ce qu’il aurait été au regard des études antérieures de modélisation chaleur/mortalité (2000 au lieu de 6500). Cette réduction importante observée sur la mortalité attendue face à une telle vague de chaleur relève du travail essentiel d’information des citoyens, et des actions de prévention et de gestion de ces risques depuis 2003.

L’épisode de canicule survenu au moins d’août 2009 a été l’occasion de confirmer l’effectivité de la mobilisation des services et ce malgré l’absence de canicule majeure et le turn over important du personnel.

La réponse organisationnelle est fondée sur cinq piliers :

1. la mise en oeuvre de mesures de protection des personnes à risques hébergées en institutions (établissements d’hébergement de personnes âgées (EHPA), établissements pour personnes handicapées, établissements de soins)

L’accès régulier à des locaux rafraîchis, constitue une réponse efficace pour lutter contre les très fortes chaleurs et les risques d’hyperthermie qu’elles entraînent notamment pour les personnes âgées. L’installation d’au moins une pièce rafraîchie dans tous les établissements de soins, maisons de retraite, logements foyers, unités de soins de longue durée est une mesure prioritaire. De plus, pour les établissements d’hébergement de personnes âgées, le dispositif de veille et d’alerte repose sur la mise en place d’un plan « bleu » fixant le mode général d’organisation en cas de crise ou de déclenchement de l’alerte. Par assimilation, avec ces dispositifs opérationnels dans les établissements pour personnes âgées, il a été demandé que les établissements pour personnes handicapées mettent en place des plans « bleus ».

2. le repérage des personnes à risques isolées

Le maire recueille les éléments relatifs à l’identité des personnes âgées et des personnes handicapées qui en font la demande, afin de faciliter l’intervention ciblée des services sanitaires et sociaux en cas de déclenchement du plan d’alerte et d’urgence instauré par la loi n°2004-626 du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.

3. l’alerte

L’InVS veille les informations transmises par Météo-France : probabilités d’atteinte ou de dépassement des indicateurs biométéorologiques, qui constituent le fondement du système d’alerte, et d’autres indicateurs considérés comme des facteurs aggravants (écarts aux seuils de températures et humidité relative de l’air). Il reçoit également tous les jours de Météo-France une analyse expertisée de la situation météorologique.

Ceci lui permet, en dialogue avec Météo-France, de proposer une alerte si nécessaire. Par ailleurs, l’InVS collecte, surveille et analyse des indicateurs sanitaires permettant à court et moyen termes d’estimer l’impact sanitaire de la chaleur : activité des Samu et des services d’urgences hospitaliers suivis par les CIRE, et données d’urgence syndromiques suivies par le département de la coordination des alertes et des régions (DCAR) de l’InVS. L’ensemble de ces éléments lui permet d’alerter les autorités sanitaires de l’arrivée d’une vague de chaleur et de son impact éventuel.

L’InVS a alors la charge d’avertir le ministère chargé de la santé qui transmet alors la fiche « alerte » à tous les départements, en précisant clairement dans le message les départements intéressés par cette alerte. Dans les départements concernés, c’est alors le préfet qui, en intégrant les données conjoncturelles (niveau de pollution et facteurs populationnels de type grands rassemblements), décide de déclencher le plan départemental de gestion d’une canicule et prend toutes les mesures adaptées dans ce cadre. Il est à rappeler qu’il existe un panel de mesures possibles à mettre en oeuvre, pouvant être adaptées au cas par cas. La décision de déclencher le niveau MIGA (Cf. infra) n’implique pas l’application systématique de toutes les mesures du plan. En effet, les mesures de gestion proposées dans le PNC peuvent être mises en oeuvre de façon graduée en fonction de l’analyse de la situation faite par Météo-France et l’InVS et des informations complémentaires dont peuvent disposer les préfets : il s’agit en particulier de la communication sur les mesures préventives élémentaires, du recours aux associations de bénévoles pour aider les personnes âgées isolées, du déclenchement des plans bleus ou blancs. Ces mesures peuvent être prises indépendamment les unes des autres.

4. la solidarité

Les EHPA et les établissements de santé disposent d’équipements et de procédures adaptés aux besoins des personnes à risque. Avant l’été, les préfets recensent les services de soins infirmiers à domicile, les associations et services d’aide à domicile, les associations de bénévoles et vérifient leurs dispositifs de permanence estivale. La mobilisation des associations et tout ce qui relève du champ social incombe désormais aux préfets de département. Par ailleurs, toute notification de tension relevant de ce champ doit être signalée par les préfets, via le « portail Orsec ».

5. la communication

Le dispositif de communication visant à sensibiliser et protéger les populations des conséquences sanitaires d’une canicule se décompose en deux phases distinctes : une phase de prévention et une phase de communication d’urgence.

Source : Ministère de la Santé et des Sports

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